dimanche 13 décembre 2009

CONGES (MALADIES) EN FAMILLE




Nous vivons une époque heureuse !, les congés payés, la liberté sexuelle, le vote des femmes, les 35 heures… elle n’en finit pas, la liste des acquis politiques et des libertés individuelles obtenus de longues lutte. Et elle est peut-être sur le point de s’allonger encore.

Vous n’êtres sûrement pas sans avoir observé le tournant qu’est en train de prendre l’usage, jusque là timide, confidentiel, tabou, usage dans le passé vilipendé par la vindicte populaire et dont les adeptes, torturés par leur conscience, étaient réduits à la quasi-clandestinité, je veux parler des congés maladies. La pratique en effet se généralise, rentre progressivement dans les mœurs. Le verrou des préjugés est en train de sauter et c’est tant mieux ! Une nouvelle victoire sur le tableau de nos conquêtes sociales !

C’est une comme nouvelle tradition qui vient rythmer la vie de l’entreprise. Un petite contrariété face à un chef capricieux, qui use avec humour de techniques de harcèlement moral, vous humilie en public et vous confisque votre travail ? et hop, un mois d’arrêt pour surmenage, buffet à volonté d’antidépresseurs et séances chaleureuses de psychothérapie. Des échéanciers intenables ? des objectifs annuels surréalistes, des projets qui s’ajoutent les uns aux autres et une pression à vous faire péter la rate ? Détendez vous avec trois semaines alité, coupé du reste du monde, et vous ressourcer

Signe des temps, nous voyons se monter peu à peu des tours opérateurs spécialisés proposant séjours long et courts, week-end, croisières pour meubler et organiser vos congés… Et en cette période de Noël, certaines enseignes offrent des promotions plutôt intéressantes. Je vous ai fait une petite sélection au hasard :

- moins 30 % sur un séjour de 435 euros pour 2 semaines de gastro-entérites, examens médicaux, passage de l’infirmière, coup de fil des collègues, et messages de réconfort du N+1, tout inclus !
- moins 50% sur un package familial bronchite-bronchiolite de 3 semaines pour 5 personnes. Prix de départ 900 euros.
- Pour ceux qui aiment l’aventure et les sports extrêmes, une semaine d’hospitalisation en soins intensifs, complications, logement, matériel, et excursions sur le bloc opératoire, animation en rééducation, tout compris. Moins de 800 euros ! A ce prix là, pourquoi se priver ?
- Vous avez soif de destinations exotiques et lointaines ? testez vos limites avec la légionellose, par exemple. Un mois de sensations fortes garanties… Enfin, des congés très classes et très classiques avec une dépression à Saint-Anne, trois étoiles, accueil attentionné et irréprochable. Très bon avis des internautes.

L’offre est riche, très diversifiée. Je vous conseille vivement de consulter les catalogues en ligne, ca fait envie et ça donne des idées ! Toutefois, les séjours qui ont le plus de succès, les circuits les plus courus, restent encore et toujours les plus simples : la grippe saisonnière, les rhumes, les troubles digestifs usuels, les baisses de tension ou les coups de fatigue sont un peu comme les grands monuments mondiaux comme la tour Eiffel ou la grande muraille de Chine : ils drainent tout au long de l’année une foule d’inlassables visiteurs…

Une semaine posée en décembre, 3 semaines en juillet-août. 4, 5 jours grappillés à la sorti de l’hiver. Il est maintenant courant d’entendre dans les bureaux des conversations tout à fait ouverte sur le sujet :
- Vous faites quoi pour la toussaint cette année ?
- Je ne sais pas encore. Avec mon mari, on pensait refaire une dépression pendant deux semaines. On l’a déjà fait l’année dernière ; ca nous avait beaucoup plu. On hésite encore. Et toi ?
- Bah nous cette année, on a pas trop d’argent alors on a décidé de rester clouer au lit avec une indigestion alimentaire. On a trouvé quelque chose de vraiment pas cher à la dernière minute. De toute façon, on ne veut plus partir trop loin comme avant, tu sais, avec les enfants maintenant ce n’est pas très pratique.

mardi 24 novembre 2009

LETTRE (DE MOTIVATION) PARFUMEE


Idée suggérée par une amie récemment pour accélérer ma recherche d’emploi, j’envoie désormais aux RH des lettres de motivation parfumées. Ceci afin de rendre ma candidature irrésistible. Parfum musqué et vigoureux pour les postes à responsabilité, senteur suave et douce pour la fonction publique. Odeur boisée ou ambrée pour les mystères de l’expatriation. J’ai remanié en circonstance le contenu, mettant les sentiments avant l’énumération froide des compétences requises. Facteur fais vite, l’amour n’attend pas : 

A l’attention de Madame la directrice des ressources humaines,

Madame,
Nous ne nous sommes jamais rencontrés et pourtant je brûle déjà pour le poste que vous proposez un amour inguérissable et sans fin. Je mange peu, je dors mal. Je suis en quelque sorte tiraillé par le doute à l’idée qu’un entretien entre nous pourra un jour sceller nos deux destinées. Le chômage n’est pas un état naturel pour un homme comme moi qui, pour vous et la noble institution dont vous êtes la représentante, serait prêt à déplacer des montagnes.
Il suffirait de peu de chose, un petit CDD, même un intérim, pour unir nos deux âmes. Mais je relisais mon CV hier soir et me demandais encore si j’étais bien digne de vous.
Je dépose à vos pieds mon expérience et mes diplômes. Tous les biens qui ont été les miens sont désormais les vôtres. Je ne possède rien ; je ne m’appartiens plus. La fièvre, le délire, le désespoir auront peut être un jour raison du peu de motivation que j’avais.
Sachez que si vous décidiez de ramener près du votre, ce cœur fragile qui bat dans ma poitrine, vous autoriseriez entre moi et votre société les plus grands projets de bonheur.

Sentiments à peine voilés

Un admirateur inconnu



J’ai eu droit à quelques réponses. Ce n’est pas encore concluant. Je vous cite la dernière :

Monsieur,

Nous avons bien reçu votre lettre du 14 février et nous vous remercions de l’intérêt, que dis-je, de la tendre inclinaison, voire de la brûlante passion que vous nourrissez pour notre société. La meilleure personne à laquelle vous pourriez adresser votre courrier, ce n’est pas notre département des ressources humaines, mais plutôt votre psychothérapeute. Je vous conseille même de prendre la peine de vous déplacer et de le rencontrer en personne.
Vous recherchez un entretien d’embauche, un rendez-vous avec une conseillère du Pôle emploi ? c’est bien plutôt d’une série de consultations avec un spécialiste dont vous avez besoin. Cela vous fera une occupation – à défaut de poste.
Quoiqu’il en soit, j’ai le regret de vous informer que le poste auquel vous postulez est pourvu - c’est bête !
Nous vous souhaitons bonne continuité dans vos recherches, dans votre quête devrais-je dire, votre quête de vous-même de toute évidence, et nous espérons que vous vous trouverez dans les plus brefs délais.

Avec une implacable indifférence,

Helène Chaumepas.
DRH.
Société thaïlandaise Jkontpah Mezeur and Co.



samedi 21 novembre 2009

LA MAIN DANS LE SAC

On ne parle plus que de cela. La main de Thierry Henry. Non pas celle qu’il a tendu aux joueurs irlandais ou celle qu’il a agitée aux supporters français en digne de salut à la fin du match. Non, je parle de cette main pleine de malice qui a permis à la France de marquer pendant le match de mercredi. Oh ! rien avoir avec le coup de tête de Zidane, qui pris d’un coup de sang, avais mis Materazzi à genou, et ainsi amputé l’équipe tricolore d’un de ses membres. Car l’arbitre, en un tour de main, avait sorti son carton rouge. La main d’Henry n’a été dans la figure de personne – même si on peut admettre qu’elle est un sérieux camouflet au visage des Irlandais. Elle a subtilement participé au jeu. Un main qui fait tourner les têtes et chavirer les cœurs.



Reconnaissons que cette main d’Henry a le sens du jeu : bon placement, amortie impeccable et passe dans les pieds de Thierry Henry qui à leur tour ont pu remettre à Gallas pour inscrire le but libérateur. Sa main donne un sacré coup de pouce au destin et assure notre qualification à la coupe du monde alors que jusque-là les bleus jouaient comme – et seulement avec - leurs pieds.

C’est maintenant à l’Irlande de faire des pieds et des mains pour rejouer le match. La FIFA règle l’affaire d’un revers de manche. Non. Pas question de mettre le doigt dans l’engrenage et de rejouer chaque match quand une faute n’est pas sifflée.

Que dire du pauvre arbitre à qui il manque certainement des yeux. Allons-nous vers l’utilisation de la vidéo pour aider l’arbitrage des matchs ? en tout cas, alors que notre Assemblé nationale discute la possibilité la pénaliser, il serait peut-être bon de l’introduire pour sanctionner certains joueurs de certains sports : je pense à la fessée.